Que faire de l'argent reçu pour les fêtes de Noël ?

Les fêtes de fin d'année arrivent avec leurs lots de cadeaux : on parle alors souvent de « présent d’usage » ou bien de dons manuels lorsque les montants sont plus conséquents.

Bien que l’immobilier soit culturellement très apprécié en France, l’envolée des prix des dernières années et les profondes modifications structurelles du marché ne permettent généralement pas d’y investir les (seules) sommes reçues pour les fêtes de fin d’année.

De plus, l’année 2020 a été marquée par une pandémie mondiale qui continue d’impacter l’économie dans sa globalité : la situation économique n’a jamais été aussi instable et de nombreux secteurs demeurent à l’arrêt, des faillites sont en cours ou à prévoir (les diverses aides octroyées par l’État devant arriver à leur terme dans les prochains mois) et de nombreux commerces enchainent les fermetures puis les réouvertures aléatoires, au gré des mesures gouvernementales. 

Pour autant, certaines sociétés ont réussi à tirer leur épingle du jeu : Tesla a réalisé une de ses meilleures années depuis sa création, les GAFAM ont encore battu des records tandis que PayPal ou encore Netflix ont vu leur capitalisation boursière augmenter de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Les choix du véhicule d’investissement, de la classe d’actifs, de la zone géographique ou encore du secteur d’activité sont donc aujourd’hui des facteurs encore plus importants qu’à l’accoutumée.

Traditionnellement, les étrennes sont déposées sur les livrets bancaires classiques (Livret A, Livret Jeune, PEL, CEL etc…). Avec la baisse des taux directeurs et, parallèlement, une hausse de l’inflation depuis une bonne dizaine d’années (1,3% environ), faut-il encore placer son épargne sur ces produits d’épargne ? 

En réalité, pour les raisons évoquées ci-dessus, ces livrets classiques offrent des rentabilités quasi nulles : 

  • Livret A : rentabilité 0,5 % (contre 0,75% en 2019) et plafond de 22 950 €
  • Livret Développement Durable (Solidaire) : rentabilité 0,5 % et plafond de 12 000 €
  • Livret Jeune : rentabilité minimale de 0,5 % et plafond de 1 600 €
  • PEL : rentabilité 1 % brut (0,7 % net) et plafond de 61 200 € 
  • CEL : rentabilité 0,25 % brut (0,175 % net) et plafond de 15 300 €

À l’heure où les rendements des différents livrets d’épargne et autres fonds en euro chutent, les placements sans risques offrent peu de perspectives de performances. Et cette tendance a été renforcée par la crise du Coronavirus. 

Pour obtenir des performances satisfaisantes à long terme, il faut se risquer en Bourse et donc... accepter le risque de perte en capital inhérent à cet investissement. 

Cette année a vu une baisse de la plupart des cours « actions » (hormis des entreprises de certains secteurs comme la santé ou les nouvelles technologies). Prenons l’exemple français du CAC 40 : il a dépassé les 6.111 points début février pour finalement chuter à 3.154 points à peine un mois et demi plus tard (soit le niveau le plus bas atteint depuis 2013) pour remonter puis stagner par la suite entre 5.400 et 5.600 points environ depuis le mois de novembre 2020.

Quelle(s) leçon(s) en tirer ? La volatilité des marchés boursiers n’est étrangère à personne, encore moins aux investisseurs expérimentés, mais cette chute (et, dans de moindres mesures, sa remontée) tout aussi spectaculaire que soudaine a ouvert des possibilités d’investissements pour les personnes possédant un horizon de temps a minima « moyen-termiste ». Il faut donc en profiter ! Un particulier qui aura a minima 4 à 5 ans devant lui et qui alimentera de manière régulière son portefeuille d’investissement profitera d’un des meilleurs points d’entrée sur les marchés des 10 dernières années. En définitive, la manière d’investir en Bourse dépendra surtout des connaissances et de l’envie des particuliers de passer du temps sur ces sujets. 

Pour investir dans des titres financiers, deux enveloppes fiscales existent : le PEA (Plan d’Epargne en Actions) ou le compte-titres ordinaire (CTO)

--> Le PEA (Plan Epargne Actions) bénéficie, lui, d’une fiscalité allégée au bout de 5 ans. En revanche, il est réservé aux actionnaires qui y placent des titres de sociétés établies dans l’Union européenne (UE) et/ou des titres d’OPCVM établis dans l’UE dont l’actif est composé à plus de 75 % en titres d’émetteurs éligibles eux-mêmes établis dans l’UE. Son champ de possibilités se réduit donc de facto et contraint son détenteur à effectuer des analyses fondamentales et techniques poussées des sociétés dans lesquelles il investit pour éviter de s’exposer à un risque potentiellement imprévu.

Par ailleurs, il devra avoir un horizon de temps d’investissement lointain afin de pouvoir absorber les divers risques géopolitiques ou encore sanitaires et bénéficier de l’avantage fiscal. Le PEA est donc plus adapté aux investisseurs voulant maximiser leur chance de gain et acceptant le risque encouru…

De plus, le Brexit conduit à rendre les titres d’émetteurs britanniques inéligibles au PEA dès lors qu’ils ne sont plus établis dans l’UE. Il en va de même pour les OPCVM établis dans l’UE qui ne rempliraient plus le quota de 75 % en raison de l’inéligibilité des titres britanniques. Et les épargnants encourent la sanction d’une clôture du plan pour non-respect d’une de ses règles de fonctionnement, et les impôts résultant de cette clôture. À compter du 1er janvier 2021, les détenteurs d’un PEA ne devront plus y faire figurer de nouveaux titres britanniques, qu’ils soient émis par des sociétés ou par des OPCVM britanniques.

--> Le compte-titres ouvre, quant à lui, un éventail d’investissement extrêmement large et se destine plus aux investisseurs chevronnés ayant des stratégies déjà bien établies (long short, core satellite, absolute return etc.). En effet, il permet d’investir sur tous les marchés (actions, obligataires, devises, matières premières, produits dérivés etc.), partout dans le monde et sans plafond de versement. L’investisseur peut donc investir sur des périodes plus courtes qu’avec le PEA.

S’il offre davantage de souplesse que le PEA, il présente néanmoins une limite majeure en termes de fiscalité. Jusqu'en  2017, les revenus et plus-values étaient taxés selon la tranche marginale d’imposition du contribuable (jusqu'à 45%), sans compter les prélèvements sociaux (15,5%). Depuis 2018, les gains boursiers provenant de titres logés dans un compte-titres sont désormais soumis à la “flat tax” de 30% (12,8% d'impôt et 17,20% de prélèvements sociaux). Cette réforme fiscale du compte-titres ordinaire (CTO) est particulièrement attractive pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition dépasse les 30%. En revanche, les abattements (40 % sur les dividendes et 50 % et 65 % sur les plus-values de titre conservés plus de 2 ou 8 ans) ont été supprimés.

Cela peut s’avérer oppressant sur du court terme lorsque les marchés sont orientés à la baisse. L'ancien système reste cependant possible pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, à condition que si le contribuable en fasse la demande. La rentabilité de base doit donc être suffisante pour que la pression fiscale exercée ne rogne pas trop celle de l’enveloppe. Ce contrat est donc plutôt réservé aux investisseurs expérimentés avec un patrimoine conséquent voulant construire leurs portefeuilles de manière équilibrée.

--> À côté, l’assurance-vie est généralement indiquée aux personnes souhaitant déléguer leur gestion à leurs conseillers financiers (même s’il est aussi possible de le faire avec les contrats vus précédemment) et voulant diversifier leur risque. En outre, l’assurance-vie est composée d’une partie en fonds en euros et d’une partie en unités de compte : la première est en capital garanti (l’investisseur ne peut pas perdre d’argent dessus) tandis que la seconde n'est pas garantie.

Depuis plusieurs années, on observe une baisse des rendements des fonds en euros (qui est directement liée à la baisse des taux directeurs des banques centrales et qui fait écho à la baisse des rendements des livrets bancaires) tandis qu’à l’image du compte-titres, la partie en unités de compte peut être investie dans n’importe quel type d’actif et/ou de secteur. Son avantage réside dans le fait que l’on va privilégier les fonds d’investissement (OPCVM) aux titres vifs dans un souci de diversification. Ce contrat s’indique donc tout à fait aux personnes plus « frileuses » souhaitant placer leurs liquidités tout en gardant une certaine sécurité sur leur placement.

Bien que leurs finalités soient différentes, ces différentes enveloppes peuvent être complémentaires selon les profils et objectifs patrimoniaux de chacun. En discuter avec un conseiller indépendant reste la meilleure solution pour ne pas se tromper et ainsi utiliser au mieux ses « cadeaux » de Noël.


Quentin Thévenot
Titulaire d'une licence d'économie de la Toulouse School of Economics et d'un Master en finance de marché (Financial Markets & Risk Evaluation - FiRE), Quentin réalise un stage en gestion d'actifs avant de rejoindre KAYS Wealth Management en 2018.
Expert financier chez KAYS Wealth Management

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