Le Livret A est-il encore un bon placement ?

LE 22 MAI 1818 NAISSAIT LE LIVRET D’ÉPARGNE DE LA CAISSE D’EPARGNE ET DE PRÉVOYANCE DE PARIS, ANCÊTRE DU LIVRET A. OUTRE LE FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE, SON OBJECTIF ÉTAIT DE DOTER LES CLASSES POPULAIRES D’UN MATELAS DE SÉCURITÉ ET DE PRÉPARATION DE LA RETRAITE. DEUX CENTS ANS PLUS TARD, L’OBJECTIF A-T-IL ÉTÉ ATTEINT ?

Malgré l’attachement des Français au Livret A, systématiquement qualifié de « placement préféré des Français », celui-ci n’a pas rendu le service espéré sur le long terme. Si le rendement réel a été positif durant le 19e siècle, période d’inflation faible et d’intérêts versés élevés (3,70 % en moyenne), le bilan du 20 ème siècle est nettement moins positif.

PERTE DE POUVOIR D’ACHAT

En cent dix-sept ans, le rendement annuel du Livret A a été inférieur à l’inflation sur cinquante-huit années, ce qui veut dire que les Français ont perdu du pouvoir d’achat sur plus de la moitié de la période étudiée, on peut préciser que cinquante-sept années ont été gagnantes en termes de pouvoir d’achat (rendement annuel du Livret A supérieur à l’inflation) et deux années ont été nulles.

Le Livret A a subi les soubresauts de l’histoire, les périodes de fortes pertes sont liées aux fortes hausses des prix des deux guerres mondiales et des périodes de reconstruction qui les suivirent, mais également au choc pétrolier de 1973. A l’inverse, la déflation des années trente a permis au Livret A d’être très rentable sur cette période. En réalité, l’image que nous avons du Livret A, – celle d’un placement sûr de père tranquille –, date de moins de quarante ans

BILAN CLAIREMENT NÉGATIF

Cinquante-sept années gagnantes contre cinquante-huit années perdantes : cet équilibre apparent ne doit pas faire illusion. Quand une année a été négative pour les épargnants, elle a été très négative. En moyenne, une année négative se traduit par la perte de 11 % de pouvoir d’achat et une année positive par seulement 2,91 % de gains nets. Le bilan est donc clairement négatif.

Peu performant année après année, le Livret A l’est aussi, logiquement, sur le long terme. Entre 1984 et 2014, son rendement moyen (intérêts réinvestis et hors inflation) a été de 3,3 % par an, loin des 10 % offerts par les foncières, les actions ou l’immobilier parisien sur la période, ou même du rendement de l’assurance-vie (6,5 %).

ARGENT MAL PLACÉ

Si le Livret A peut apporter, par sa disponibilité, sa garantie de l’Etat et sa défiscalisation, un « matelas de précaution », c’est une erreur d’y loger longtemps plus de l’équivalent de trois ou quatre mois de salaire. Or, 58,5 % de l’encours total du Livret A est concentré sur des livrets supérieurs à 15 300 euros, et 43,3 % des encours du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) sur des livrets dépassant le plafond (12 000 euros). Autant d’argent qui serait bien mieux placé, pour les épargnants comme pour l’économie, sur des assurances vie ou des Plans d’épargne en actions (PEA).

LE 22 MAI 1818 NAISSAIT LE LIVRET D’ÉPARGNE DE LA CAISSE D’EPARGNE ET DE PRÉVOYANCE DE PARIS, ANCÊTRE DU LIVRET A. OUTRE LE FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE, SON OBJECTIF ÉTAIT DE DOTER LES CLASSES POPULAIRES D’UN MATELAS DE SÉCURITÉ ET DE PRÉPARATION DE LA RETRAITE. DEUX CENTS ANS PLUS TARD, L’OBJECTIF A-T-IL ÉTÉ ATTEINT ?