Placements : bilan de l'année 2020

L’année 2020 a été marquée d’un mouvement sans précédent : la Covid-19 a profondément modifié notre façon de vivre, d’appréhender l’organisation du travail et de consommer. 

Face à la conjoncture actuelle, les Français ont fortement épargné. Selon l’INSEE, la consommation des Français a baissé d’environ 35% en 2020. Le taux d’épargne des ménages, estimé à 14,9 % fin 2019, a triplé pendant la période de confinement.

Cette épargne forcée, imputable au confinement ainsi qu’à la baisse de pouvoir d’achat de nombreux ménages, a dépassé les 130 milliards d’euros en 2020 selon le ministère de l’Économie… un record historique.

Les particuliers se sont orientés en grande majorité vers des « placements rassurants », essentiellement en Livret A et LDDS dont les taux de rémunérations n’ont jamais étés aussi bas (0,5% par an), ce qui ne comble pas la perte de valeur liée à l’inflation. Selon la Caisse des Dépôts, le Livret A a ainsi enregistré une collecte nette de près de 25,75 milliards d’euros en 2020 et ce, malgré son taux d’intérêt historiquement bas. Même constat pour le Livret Développement Durable et Solidaire (LDDS), qui a engrangé plusieurs milliards d’euros sur la même période. En 2020, les sommes déposées sur les deux livrets s’élèvent, en cumulé, à 35 milliards d’euros. À l’instar de Bruno Le Maire, qui s'inquiète de la ruée des ménages vers l'épargne au détriment des investissements, Xavier Timbeau, le directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), indique d’ailleurs que « la consommation du surplus d’épargne sera le levier principal de la relance de l’économie ». 

L’environnement de taux et de crédit octroyé est à prendre en compte. De manière assez simple, ils n’ont jamais étés aussi bas qu’aujourd’hui. Les taux longs restent eux aussi extrêmement bas, ce qui ne laisse pas entrevoir de remontée de taux à court ou moyen terme. Néanmoins, la crise sanitaire a conduit au durcissement des conditions d’emprunt. Autrement dit, l’obtention d’un prêt immobilier s’est complexifiée. Depuis le rappel à l’ordre du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) fin 2019, les banques ont resserré l’octroi de crédit aux particuliers en se cantonnant à la règle des 33% de taux d’endettement (charge de remboursement / revenus net). Les conditions d’octroi ont finalement été assouplies en décembre. Bruno Le Maire (Ministre de l’Économie et des Finances) a, en effet, rehaussé le plafond d’endettement à 35% afin de soutenir les entreprises et les particuliers, notamment pour soutenir le marché immobilier et permettre d’augmenter le nombre d’acquéreurs immobiliers et de primo-accédants.

L’évolution du marché immobilier particulier a connu de fortes disparités : le risque de défaut de paiement n’a pas augmenté de manière inquiétante, le chômage partiel ayant soutenu l’effort des ménages. Les évolutions dans les grandes villes n’ont pas été importantes, voire parfois légèrement négatives (les biens dépassant le million d’euros restant à la vente parfois plusieurs mois). Les grandes gagnantes sont aujourd’hui les métropoles régionales, plébiscitées pour la qualité de vie : Rennes, Nîmes, Nantes, Montpellier. Malgré la crise sanitaire, les Français ne semblent donc pas avoir remis en cause leurs projets immobiliers, tout au plus à les modifier (pour quitter Paris notamment) et/ou à différer leur intention d’achat. 

Le marché immobilier professionnel, est lui également touché par une consommation au m2 par travailleur en diminution, ce qui conduit à des non-reconductions de baux, permettant alors l’organisation du télétravail en allégeant la structure de coûts. Dans la mesure où l’investissement en SCPI s’inscrit dans une vision à long terme, il est fort à parier que les fluctuations passées, présentes et à venir soient gommées sur la durée… L’immobilier professionnel de meilleur qualité reste une valeur refuge, dans un temps ou l’ensemble des investisseurs ne disposent pas des connaissances pour entrer sur le marché financier, ni ne sont prêts à en subir le risque. La SCPI (société civile de placement immobilier), par nature diversifiée, reste l’un des placements les plus résilients du marché, c’est l’actif le plus rentable comparé à sa volatilité sur les 30 dernières années (toutes classes d’actifs confondues). 

Les meilleurs SCPI du marché affichent des taux de rendement maintenu sur l’année 2020 (5%), la moyenne se situant à 4,4% (plus importante que l’immobilier classique 3,5% et ceux pour un risque moindre), celles qui avaient provisionné peuvent aujourd’hui acheter des actifs à moindres valeurs, soldées par des acteurs en difficultés (voir article Primonial / Unibail : sur l’immeuble Shift).

De même, la pandémie a fortement chamboulé les marchés financiers. Après une première déflagration historique au mois de mars, c’est toute l’économie mondiale qui a été impactée. On note néanmoins des grandes disparités en fonctions de la position géographique, qui résulte des secteurs d’investissements :

  • Espagne (IBEX 35) : - 15%
  • Angleterre (Footsie) : - 14%
  • France (CAC 40) : - 7%
  • Italie (FTSE) : - 6%
  • Europe (Eurostoxx 50) : - 4,5%

En opposition : 

  • Allemagne (DAX) : 5%
  • US (Dox Jones) : 6%
  • Chine (Shangai Composite) : 13%
  • US (S&P 500) : 15%
  • Japon (Nikkei 225) : 16%
  • Chine (CSI 300) : 27%
  • US (Nasdaq) : 43%

Faut-il investir en Bourse durant le Covid-19 ?


Le maitre mot : la thématique. L’Europe, dans sa grande majorité, est orientée vers le domaine de la value (décote entre la valeur réelle et la valeur intrinsèque, visant le déversement de dividende et une stabilité du titre) et fait face aux secteurs dits  de la « croissance » dont l’objectif recherché est une croissance du titre à CT (souvent via réinvestissement du bénéfice). Le secteur de la value est représenté notamment par la majorité des actions du CAC 40 (Total, Essilor, Renault), secteurs essentiels au fonctionnement de notre économie mais n’offrant aucune perspective à court et moyen terme. Le secteur croissance est, lui, orienté essentiellement vers des entreprises technologiques (tous secteurs confondus), comme Zoom, Apple, Baidu, Tesla, Moderna. 


Le bilan reste assez positif avec un rattrapage important effectué sur le dernier trimestre, notamment dues aux différentes politiques de soutiens aux entreprises et à l’abondance de liquidités sur le marché.

Année 2021, celle de la stabilisation de marché ? L’idéal est de vous rapprocher d’un conseiller financier afin qu’il puisse vous aider à trouver de l’opportunité ainsi que de la stabilité sur des périodes compliquées.


Nicolas Milliot-Dayan
Après un Master en finance de marché de l'Institut supérieur de gestion Paris et un Master en International Trading System de l'Université d'État d'économie de St. Petersbourg, Nicolas travaille en tant qu'analyste de marché auprès d'un horloger de luxe avant d'intégrer KAYS Wealth Management en 2018.
Expert financier chez KAYS Wealth Management

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