PEA vs. compte-titres : quel support choisir pour investir en Bourse ?

À l’heure où les rendements des différents livrets d’épargne et autres fonds en euro chutent, les placements sans risques offrent peu de perspectives de performances. Et cette tendance a été renforcée par la crise du Coronavirus. 

Pour obtenir des performances satisfaisantes à long terme, il faut se risquer en Bourse et accepter le risque de perte en capital inhérent à cet investissement. Or, pour investir dans des titres financiers, deux enveloppes fiscales existent : le PEA (Plan d’Epargne en Actions) ou le compte-titres ordinaire (CTO)

Bien qu’elles présentent des points communs, ces deux produits ont des finalités différentes. Pour quel support faut-il opter ?  

Pourquoi ouvrir un PEA (Plan d’Épargne en Actions) ?

Créé en 1992 pour encourager l'investissement à long terme dans les entreprises, le PEA permet d'acquérir et de gérer un portefeuille d'actions européennes en bénéficiant, à certaines conditions, d'une exonération d'impôt. Souvent proposée par les banquiers en complément des placements dits classiques, cette enveloppe fiscale est très peu utilisée par les épargnants par manque de connaissance et d’accompagnement.  

• Quels avantages ?

L’avantage majeur du PEA réside dans sa fiscalité faible et dégressive selon la période à laquelle interviennent le retrait ou le rachat. À l’origine, le PEA était à l'origine exonéré de toute imposition après 5 ans. Avec la création de la contribution sociale généralisée (CSG) en 1996, les gains réalisés au sein du PEA sont désormais soumis aux prélèvements sociaux (17,2%) lors des retraits. Ainsi, après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2%.

Autrement dit, l’intérêt du PEA est la capitalisation des revenus sans frottement fiscal.

Avant les 5 ans du PEA, le gain net réalisé depuis l'ouverture du plan sera taxé à hauteur de 12,8 % (sans oublier les prélèvements sociaux de 17,2%). 

Si la fiscalité avantageuse du PEA, 5 ans après son ouverture, joue en faveur d'une meilleure performance, les gains étant alors défiscalisés, l'investisseur doit toutefois être en mesure de bloquer son épargne pendant ces 5 ans.

Toute clôture du contrat avant les 5 ans entraine sa clôture et prive son titulaire de toutes perspectives de réinvestissement sur celui-ci.

Depuis la loi Pacte, tout retrait partiel après 5 ans n’entraîne ni la fermeture du PEA, ni l’impossibilité d’effectuer des versements complémentaires.

• Quels inconvénients ?

Le PEA est une enveloppe fiscale permettant d’investir sur une classe d’actif unique, les actions d’entreprises (et à des SICAV et FCP investis au moins à 75% dans ces dernières), et dans une seule zone géographique, l’Union Européenne. La composition du portefeuille offre ainsi une faible amplitude d’action. Ces restrictions sectorielles et géographiques limitent fortement la diversification du portefeuille et augmentent donc potentiellement le risque de ce placement. En effet, l’univers d’investissement en actions s’adresse davantage à un public averti ayant une appétence au risque et disposant d’un horizon de temps à long terme afin de pouvoir absorber les mouvements à la baisse des marchés financiers.

Dans le cas où l’on souhaiterait faire valoir ses liquidités dans un objectif à court terme (pour financer l'achat de sa résidence principale par exemple), il est fortement déconseillé de s’orienter sur cette enveloppe pour des raisons évidentes de sécurisation des liquidités.

Le PEA présente une autre limite : le plafond des versements est limité à 150 000€ par foyer fiscal au sein d’un PEA classique et à 225 000€ dans un PEA-PME (dédié aux investissements dans les petites et moyennes entreprises).

Pourquoi ouvrir un compte-titres ?

Un compte-titre est (CTO) est une enveloppe permettant d’investir dans des titres financiers. Contrairement au PEA, il s’adresse à un public plus averti cherchant à diversifier leurs placements et gérer son portefeuille avec davantage de souplesse et d’autonomie. 

• L’univers d’investissement

Lorsqu’on parle d’investissements en Bourse, on a souvent l’image de traders survoltés, casque vissé aux oreilles, dans des salles de marché grouillantes, mais rarement celle du particulier qui gère lui-même son portefeuille d’actions. 

L’avantage principal du compte-titres ordinaire réside dans la palette de placements financiers qu’il offre. Actions, obligations, devises ou encore matières premières, le compte-titres ordinaire est ouvert à tous types de titres et instruments financiers, sans limite de localisation géographique. 

Cette absence de restrictions permet aux épargnants de répartir leurs investissements financiers sur plusieurs zones afin de ne pas être assujettis aux fluctuations d’un seul marché financier.  

Pour un investisseur qui cherche à se diversifier, le compte-titres ordinaire (CTO) présente donc une source de diversification plus importante que le PEA.  

• La fiscalité

Si le compte-titres ordinaires (CTO) offre davantage de souplesse que le PEA, il présente  néanmoins une limite majeure en termes de fiscalité.

La loi Pacte a légèrement corrigé ce “défaut”. Jusqu'en  2017, les revenus et plus-values étaient taxés selon la tranche marginale d’imposition du contribuable (jusqu'à 45%), sans compter les prélèvements sociaux (15,5%). Depuis 2018, les gains boursiers provenant de titres logés dans un compte-titres sont désormais soumis à la “flat tax” de 30% (12,8% d'impôt et 17,20% de prélèvements sociaux). Cette réforme fiscale du compte-titres ordinaire (CTO) est particulièrement attractive pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition dépasse les 30%. En revanche, les abattements (40 % sur les dividendes et 50 % et 65 % sur les plus-values de titre conservés plus de 2 ou 8 ans) ont été supprimés. Cela peut s’avérer oppressant sur du court terme lorsque les marchés sont orientés à la baisse. L'ancien système reste cependant possible pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, à condition que si le contribuable en fasse la demande. 

La rentabilité de base doit donc être suffisante pour que la pression fiscale exercée ne rogne pas trop la rentabilité de l’enveloppe.

• La flexibilité du contrat

L’un des avantages majeurs du compte-titres ordinaire réside dans sa flexibilité. En effet, l’épargnant a la possibilité d’ouvrir autant de comptes qu’il le souhaite. De plus, les versements ne sont pas plafonnés, permettant ainsi une diversification plus importante des avoirs. 

Par ailleurs, le compte-titres ordinaire (CTO) offre la  possibilité de retirer son épargne à tout moment, sans entrainer la clôture du compte.

• La transmission 

En cas de décès de son titulaire, le compte-titres n'est pas clôturé, mais bloqué jusqu'au règlement de la succession. Les héritiers devront alors décider, à l'unanimité, de conserver les titres en indivision, de les transférer à un ou plusieurs d'entre eux, ou de les céder, tandis que le PEA est automatiquement clôturé au décès de son titulaire et les titres transférés sur son compte-titres (si existant) ou sur un compte-titres ouvert au nom de la succession (les titres et les espèces étant transmis aux héritiers lors du règlement de la succession). 

Contrairement au PEA, le compte-titres peut également faire l'objet d'une donation de son vivant (en pleine propriété ou en démembrement) et offre donc davantage de perspectives. 

PEA vs. compte-titres ordinaire ?

Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) est généralement conseillé comme premier produit pour des investisseurs débutants ou des profils dits prudents. Il est destiné à favoriser la constitution d’un capital à long terme grâce à une gestion dynamique du portefeuille car les plus-values sont peu taxées. Le compte-titres ordinaire, lui, s’adresse davantage à des investisseurs chevronnés et permet de dégager des plus-values ou d’obtenir des revenus réguliers grâce aux dividendes distribués par les actions. L'investissement via un compte-titres ordinaire (CTO) se justifie également lorsque le plafond de versement du PEA a été atteint ou lorsqu’un investisseur souhaite spéculer et placer des fonds sur une courte période (moins de 5 ans).

Si un épargnant souhaite investir en Bourse, voici 3 questions à se poser pour choisir entre le PEA ou le compte-titres ordinaire :

  1. Mon épargne doit-elle être disponible dans les 2 ans ? Si la réponse est positive, il faut privilégier le compte-titres ordinaire (CTO) ;
  2. Est-ce que je souhaite investir uniquement sur des actions de sociétés européennes ? Si la réponse est négative, un compte-titres ordinaire (CTO) sera nécessaire
  3. Est-ce que je souhaite investir plus de 150 000€ ?  Si la réponse est positive, un compte-titres ordinaire (CTO) sera nécessaire

En définitive, bien que leurs finalités soient différentes, ces enveloppes fiscales sont complémentaires. Il est donc possible de cumuler ces deux produits afin de profiter des avantages de chacun : le PEA pour bénéficier d’une enveloppe fiscale attrayante et un compte-titres pour diversifier son portefeuille de titres à l’international au-delà du plafond de 150 000€ et bénéficier de stratégies plus dynamiques et complexes.

Ces produits sont généralement conseillés à des personnes qui détiennent de nombreux avoirs financiers et qui souhaitent diversifier leur mode de gestion. En raison du niveau de risque que présente chacune de ces enveloppes, il est fortement recommandé d’avoir une réserve d’épargne solide pour faire face à tout imprévu...


William Léon
Après un Master 2 en finance avec une spécialisation en gestion de patrimoine et une expérience de 3 ans dans un cabinet de gestion privé parisien, William a rejoint KAYS Wealth Management en 2018.
Expert financier chez KAYS Wealth Management

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